Histoire

   
test
   
1905 : Année de naissance du Sport Athlétique Mauléonais

Mauléon Licharre en 1905 :

Issue de la fusion en 1841, de Mauléon, sur la rive droite du gave, cité royale dominée par sa bastide et son château fort et Licharre , sur la rive gauche, siège des Etats de Soule et de leur Cour de Justice, la petite et paisible Sous-Préfecture basque connaît, en ce début de siècle, une spectaculaire mutation.

Vivant d’agriculture, mais aussi, en raison de sa position sur un passage important, d’artisanat et d’un commerce dynamisé par un marché actif, Mauléon a connu depuis le milieu du XIX° siècle, la naissance et le développement de la " sandalerie ", des négociants locaux fournissant corde et toile à des ouvriers à domicile à qui ils paient les espadrilles revendues ensuite par leurs soins, selon le vieux système de la " fabrique ".
Ces négociants contribuent ainsi à l’essor de la banque locale et à la constitution du capital industriel qui facilite à partir de 1880 la mécanisation des ateliers et leur concentration dans la ville, sur les berges du gave dont on utilise la force motrice.
La capitale de la Soule, plus petite des sept provinces basques, est devenue en 1905, capitale de l’espadrille, et, faute de trouver sur place une main d’œuvre suffisante, l’on a fait appel aux populations des vallées voisines de Navarre et d’Aragon, provoquant notamment cette migration féminine, d’abord saisonnière, à l’origine du " Chemin des Hirondelles ".

L’accroissement de la population est très sensible à Mauléon qui va plus que doubler le nombre de ses habitants entre 1850 et 1905. La vie locale sera désormais rythmée par l’activité des manufactures, l’architecture sociale de la Cité reposant sur cette mono industrie. L’essor du marché va être prodigieux jusque vers 1930, l’espadrille étant alors un article de travail très prisé par les mineurs de fond pour les qualités de confort qu’elle apporte, ceux-ci usant durant la semaine la paire neuve mise le dimanche.
L’on assiste à l’entassement des immigrés venus d’Espagne proche dans les quartiers populaires de la Haute-Ville, de Licharre ou de la Ville en Bois. A ces mauvaises conditions de logement et d’hygiène s’ajoutent des conditions de travail très pénibles, des cadences et des horaires démentiels pour des salaires de misère. Selon les besoins, cette main d’œuvre travaille jusqu’à 18 heures par jour, en ateliers ou à domicile. Le travail des femmes et des enfants atteint son apogée.

Entre le bourg-marché de Mauléon et le bourg rural de Licharre se trouve, de part et d’autre du Saison, une vaste zone verte qui est rapidement investie par la bourgeoisie d’affaires pour la construction quelque peu anarchique d’ateliers et de manufactures ( l’une d’elles : Cherbero, occupant un millier d’ouvriers ) avec une innovation importante : l’apparition de l’énergie hydro-électrique.

Dans ces vies essentiellement consacrées an travail, la part des loisirs et des distractions est, on peut s’en douter, très limitée. Par ailleurs, l’assimilation par la population autochtone ne se fait pas sans réserve ni réticences, et c’est bien plus tard que l’on notera parmi les participants aux activités sportives traditionnelles ( jeux basques, spécialités de pelote ) ou nouvelles ( rugby, football, basket, etc. …) des patronymes à consonance espagnole provenant soit d’Aragon : Blasquiz, Gil, Garcia, Gimenez, Rodrigo … soit de Navarre : Emerizaldu , Ituria, Elizondo …

Les décennies qui suivront révèleront de nombreuses gloires sportives issues de ces familles originaires d’outre-monts et enrichissant la cité d’un subtil mélange culturel alliant aux traditions souletines les accents chaleureux de la jota et associant au nom de Mauléon Licharre une réputation unanimement appréciée d’accueil, d’hospitalité, de sens de l’amitié et de la fête.


La naissance du S.A.M :

Un coup d’œil sur le Bottin de Mauléon en 1905 permet de constater l’existence de nombreux services administratifs liés à ceux de la Sous-préfecture et à la gestion de l’arrondissement , l’activité d’une gare, terminus de la ligne Puyoo Mauléon, celle d’une ligne de chemin de fer ( Tram ) Pau Oloron Mauléon.
L’on peut également dénombrer sur ce bottin outre les manufactures d’espadrilles les plus importantes ( Bardos, Barraqué, Béguerie, Cherbero, Mirande ) un tissu commercial et artisanal particulièrement dense et varié.
C’est dire que l’on compte, dans la population mauléonaise , une bourgeoisie et une classe moyenne qui échappent aux difficiles conditions d'existence de la main d’œuvre locale et une jeunesse que la poursuite des études conduit à quitter Mauléon pour des centres plus importants tels Pau, Bayonne, Bordeaux entre autres.
Il est aisé de penser que ces jeunes étudiants aient été conquis par la pratique du rugby dans les lycées et universités du Sud-Ouest et même dans certains clubs déjà réputés comme la Section Paloise, l’Aviron Bayonnais, le Stade Tarbais ou le Stade Bordelais. Sans doute ont-ils perçu qu’en sollicitant la puissance, la résistance, l’agilité, la vitesse, l’adresse et le courage, le rugby était une véritable synthèse des activités corporelles et athlétiques et qu’il constituait une discipline parfaitement adaptée aux vertus souletines déjà connues par le biais des compétitions sportives ancestrales ( courses, sauts, lancer de barre, pelote…).
Si l’on dispose de peu de détails sur la création proprement dite du S.A.M, le registre des Associations ( Loi 1901 ), déposé dans les archives de la Mairie de Mauléon, s’ouvre en numéro 1 sur la déclaration du " Sport Athlétique Mauléonais " avec pour objet "la pratique des sports et de l'éducation physique ", datée du 20 décembre 1905 et figurant au Journal Officiel du 13 Janvier 1906.
Ce serait donc à ce groupe de jeunes étudiants, émules de William Webb Ellis du Collège Britannique de Rugby et fidèles à Mauléon, que l'on doit les débuts du ballon ovale en Pays de Soule et ceux d'une longue histoire, faite certes, d'ombre et de lumière, ponctuée d'exploits sportifs et vieille , aujourd'hui, d'un siècle.
C'est à cette époque que la jeune USFFSA ( la FFR ne sera créée qu'en 1919 ) accueille dans son giron le nouveau club de Mauléon.